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Réassort des consommables en conciergerie : qui achète, qui paie, comment le cadrer

17 min à lire
Réassort des consommables en conciergerie : qui achète, qui paie, comment le cadrer

« Moi j'ai mis une note sur le contrat et j'effectue le réassort moi-même, ça me permet de choisir les produits. À la signature je fournis une liste d'achat que le propriétaire doit faire, avec un stock pour certaines choses comme les dosettes, le balai brosse, le papier toilette. » Ce message, tiré d'un groupe de conciergeries, résume bien le sujet : le réassort n'est pas un détail de ménage, c'est une question de contrat, de trésorerie et de confiance. Voici comment le cadrer une bonne fois, avant que le rouleau de papier toilette manquant ne devienne un litige à 4 étoiles.

De quoi parle-t-on exactement

Le réassort couvre tout ce qui se consomme pendant un séjour et doit être remis à niveau avant le suivant. On le confond souvent avec deux autres postes qu'il faut séparer dès le départ.

  • Les consommables : papier toilette, essuie-tout, sacs poubelle, éponges, liquide vaisselle, pastilles lave-vaisselle, lessive, produits d'entretien, savon, gel douche, capsules de café, thé, sucre, sel, huile, filtres, piles de télécommande. Ils partent avec les voyageurs, il faut les racheter en permanence.
  • Le petit équipement : balai brosse, serpillière, ampoules, cintres, ustensiles, verres cassés. Il s'use ou disparaît, on le remplace de temps en temps, pas à chaque séjour.
  • Les extras payants : panier de bienvenue, bouteille, lit bébé, kit plage. Ce n'est pas du réassort, c'est une vente au voyageur, avec sa propre logique.

Le premier réflexe est donc d'écrire, dans le contrat ou son annexe, ce qui entre dans « consommables » et ce qui n'y entre pas. La moitié des désaccords entre conciergeries et propriétaires vient d'une ampoule ou d'une poêle rangée dans la mauvaise colonne.

Qui paie : la règle de base

Les consommables sont une charge du logement, donc du propriétaire, au même titre que l'eau ou l'électricité : c'est son bien qui accueille les voyageurs et encaisse le loyer. La conciergerie, elle, vend un service. Quand elle inclut les consommables dans sa commission, elle le fait en connaissance de cause et le prix reflète ce coût. Ce qui varie, ce n'est pas qui paie au bout du compte, c'est qui achète, qui avance et qui choisit. Trois modèles coexistent.

Modèle 1 : le propriétaire fournit, la conciergerie alerte

La conciergerie remet à la signature une liste d'achat détaillée, avec les quantités de stock de sécurité, et le propriétaire s'en charge. L'agent de ménage remonte les niveaux à chaque passage et la conciergerie prévient quand un produit passe sous le seuil. C'est le modèle de la personne citée plus haut. Il protège la trésorerie de la conciergerie et laisse le propriétaire maître de ses dépenses. Son point faible : la rupture. Un propriétaire à 400 km qui n'a pas vu le message, et l'agent arrive devant un placard vide une heure avant un check-in.

Modèle 2 : la conciergerie achète et refacture

La conciergerie choisit les produits, achète, et refacture au propriétaire sur justificatifs, en général une fois par mois avec le relevé de gestion. C'est le modèle le plus fluide côté opérations : produits homogènes sur tout le parc, achats groupés, aucune rupture. Il exige une clause de mandat claire et une note de frais propre, sinon il devient une source de soupçon. Deux variantes : refacturation au réel, ou avec une petite marge de gestion annoncée, par exemple 10 %, qui rémunère le temps d'achat et de stockage.

Modèle 3 : le forfait consommables

La conciergerie facture un montant fixe par séjour ou par mois, par exemple 6 à 12 € par départ selon la taille du logement, et gère tout sans justificatif à la ligne. Simple à lire pour le propriétaire, prévisible pour la conciergerie, à condition d'avoir mesuré la consommation réelle sur quelques mois avant de fixer le forfait. Ce modèle se marie bien avec les frais de ménage facturés au voyageur, qui financent alors une partie du kit.

ModèleQui choisitQui avanceRisque principalPour qui
Propriétaire fournitLe propriétaire, sur listeLe propriétaireRupture de stockPetits parcs, propriétaires locaux
Conciergerie achète et refactureLa conciergerieLa conciergerieTrésorerie, contestation des fraisParcs de 5 logements et plus
ForfaitLa conciergerieLa conciergerieForfait mal calibréLogements à forte rotation

La clause de mandat : ce qu'elle doit dire

Quel que soit le modèle, le mandat de gestion doit fixer noir sur blanc le cadre des achats. La clause partagée dans le groupe est un bon point de départ ; en voici une version complète, à adapter.

Achats et dépenses effectués pour le compte du Propriétaire. La Conciergerie est autorisée à acheter, pour le compte du Propriétaire, les consommables nécessaires à l'accueil des voyageurs dont la liste figure en annexe, dans la limite de 30 € TTC par achat et de [X] € TTC par mois. Toute dépense excédant ces plafonds requiert l'accord écrit préalable du Propriétaire (e-mail ou message accepté). En cas d'urgence mettant en péril la sécurité des occupants ou l'intégrité du logement, la Conciergerie peut engager les achats ou travaux strictement nécessaires et en informe le Propriétaire dans les meilleurs délais avec justificatifs. Les dépenses sont refacturées au réel [ou : majorées de X % au titre des frais de gestion] sur le relevé mensuel, justificatifs joints, et réglées sous [8] jours.

Quatre points font la différence entre une clause qui protège et une clause décorative. Le double plafond, par achat et par mois, évite l'effet cumul de vingt petites courses. La forme de l'accord : dire « écrit » sans préciser qu'un SMS suffit condamne la conciergerie à ne jamais pouvoir acheter. L'annexe avec la liste des produits autorisés, mise à jour d'un commun accord. Et le délai de remboursement, sans lequel la conciergerie finance le parc de ses propriétaires.

La liste de stock : le document qui évite les appels du dimanche

Une liste par logement, affichée dans le placard à produits et jointe au contrat, avec trois colonnes : le produit, le niveau de départ à chaque séjour, le seuil qui déclenche le réassort. Un exemple pour un T2 accueillant quatre personnes.

PièceProduitNiveau au check-inSeuil de réassort
Salle de bainPapier toilette2 rouleaux par WC en place + 4 en réserveRéserve < 4
Salle de bainSavon mains, gel douche, shampoingFlacons pleins ou > 50 %Un flacon < 50 %
CuisinePastilles lave-vaisselle6Réserve < 12
CuisineLiquide vaisselle, éponge neuve1 + 1Réserve < 3 éponges
CuisineSacs poubelle1 rouleau entaméRéserve < 1 rouleau
CuisineCafé (capsules ou moulu), thé, sucre8 capsules, 6 sachets, sucreRéserve < 20 capsules
CuisineEssuie-tout, sel, poivre, huile1 rouleau, fonds présentsRéserve < 2 rouleaux
BuanderieLessive, dosettesPour 2 lavagesRéserve < 6 dosettes
EntretienProduit multi-surfaces, WC, vitres, chiffonsFlacons > 30 %Un flacon < 30 %
DiversPiles télécommande, ampoules de rechange1 jeuJeu entamé

Le « niveau au check-in » est une décision d'accueil autant qu'un chiffre : un rouleau de papier toilette entamé et un fond de gel douche font partie des remarques les plus fréquentes dans les avis, pour un coût de quelques centimes. Le « seuil » est une décision de logistique : il doit couvrir au moins deux séjours, le temps que la commande ou la course du propriétaire arrive.

Le suivi : rendre le réassort visible

Le modèle contractuel ne tient que si le niveau des stocks est remonté à chaque ménage, sans dépendre de la mémoire de l'agent. Trois habitudes suffisent.

  • Un point « consommables » dans la checklist ménage, coché à chaque mission, avec la photo du placard de réserve en fin de passage. C'est ce qui permet de dire au propriétaire « il reste 3 rouleaux » plutôt que « il faudrait racheter du papier ». Avec la gestion du ménage LivretAccueil, ce point figure dans les modèles de checklist et la photo est horodatée.
  • Une note de frais mensuelle, un ticket par ligne, ventilée par logement, jointe au relevé de gestion. Les achats groupés se répartissent au prorata des séjours.
  • Un stock tampon centralisé chez la conciergerie pour les références communes à tout le parc (papier, pastilles, sacs), livré au fil des missions. C'est ce qui rend le modèle 2 ou 3 réellement sans rupture.

Les questions que l'on oublie

Faut-il prendre une marge sur le réassort ?

Acheter, stocker, transporter et distribuer prend du temps. Le facturer par une marge de gestion affichée (5 à 15 %) ou par un forfait est légitime ; le cacher dans des tickets gonflés ne l'est pas et se voit au premier relevé comparé. Annoncez la règle à la signature, le propriétaire qui la refuse peut toujours choisir le modèle 1.

Et les frais de ménage payés par le voyageur ?

Sur les plateformes, les frais de ménage facturés au voyageur reviennent au propriétaire ou à la conciergerie selon le mandat. Beaucoup de contrats prévoient qu'une partie de ces frais couvre un « kit consommables » standard, ce qui rend le réassort neutre pour le propriétaire. Dites-le explicitement dans le contrat, avec le montant.

Quel niveau de gamme ?

Le voyageur remarque le manque plus que la marque. Une gamme intermédiaire, constante, en formats non individuels pour limiter les déchets, est le bon compromis. Réservez le premium aux logements dont le prix de nuit le justifie, et faites-le apparaître dans l'annonce.

Les extras : une vente, pas un réassort

Panier apéro, petit-déjeuner, kit bébé, serviettes de plage : ce sont des produits vendus au voyageur, avec un prix et une marge, pas des charges du propriétaire. Ils se vendent depuis la boutique du livret d'accueil, où le voyageur commande et paie en ligne. Séparer clairement ce qui est fourni de ce qui est vendu évite les malentendus à l'arrivée et donne au propriétaire une ligne de revenu plutôt qu'une ligne de frais.

Checklist pour cadrer le réassort en une signature

  • Définition écrite des consommables, du petit équipement et des extras.
  • Choix du modèle : propriétaire fournit, conciergerie refacture, ou forfait, avec les montants.
  • Clause d'achats avec double plafond, forme de l'accord, urgence, délai de remboursement.
  • Liste de stock par logement en annexe, avec niveaux au check-in et seuils de réassort.
  • Point « consommables » et photo de réserve dans la checklist ménage.
  • Note de frais mensuelle ventilée par logement, tickets joints.
  • Sort des frais de ménage voyageur et des extras précisé dans le contrat.

FAQ : réassort et consommables en conciergerie

Qui doit payer les consommables d'une location Airbnb gérée par une conciergerie ?

Le propriétaire, ce sont des charges du logement. La conciergerie peut acheter pour son compte et refacturer, ou facturer un forfait, ou lui laisser l'achat sur liste. Le contrat doit préciser le modèle retenu et les plafonds.

Quel plafond de dépense mettre dans le mandat de gestion ?

Un double plafond fonctionne bien : par achat (souvent 30 à 50 € TTC) et par mois (selon la taille du logement), au-delà desquels un accord écrit, SMS ou e-mail accepté, est requis. Prévoyez une exception pour les urgences touchant la sécurité ou l'intégrité du logement, avec justificatifs a posteriori.

Comment refacturer le réassort au propriétaire ?

Une note de frais mensuelle jointe au relevé de gestion, un ticket par ligne, ventilée par logement, au réel ou avec une marge de gestion annoncée dès la signature. Le remboursement suit un délai fixé au contrat, huit jours par exemple.

Quel stock de consommables garder dans un logement ?

Un niveau de présentation au check-in (papier, savon, café, pastilles) et une réserve couvrant au moins deux séjours, avec un seuil qui déclenche le réassort. Une liste par logement, affichée dans le placard, fixe ces niveaux.

Le réassort peut-il être payé par les frais de ménage du voyageur ?

Oui, si le contrat le prévoit : une partie des frais de ménage facturés sur la plateforme peut financer un kit consommables standard. Précisez le montant et ce qu'il couvre.

Comment éviter les ruptures quand le propriétaire fournit lui-même ?

Une remontée systématique des niveaux à chaque ménage, photo à l'appui, un seuil d'alerte suffisamment haut pour couvrir deux séjours, et un petit stock tampon des produits critiques tenu par la conciergerie pour dépanner, refacturé au réel.

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