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Taxe de séjour 2026 : le guide complet pour la location courte durée

Qui paie, combien, qui collecte, que risque-t-on : tout ce qu'un hôte Airbnb ou une conciergerie doit savoir sur la taxe de séjour. Chiffres et textes vérifiés en juin 2026 (CGCT, barème DGCL, guide DGFiP).

À retenir : depuis le 1er janvier 2019, Airbnb, Booking et les autres plateformes de paiement collectent la taxe de séjour à votre place pour les hôtes non professionnels. Mais pour vos réservations en direct, c'est à vous de la collecter et de la reverser à la commune. Le barème 2026 a été revalorisé de +1,8 %.

La taxe de séjour, c'est quoi exactement ?

C'est un impôt local payé par les voyageurs qui dorment dans un hébergement marchand (hôtel, meublé de tourisme, chambre d'hôtes, camping...) d'une commune qui l'a instituée. Elle est encadrée par les articles L2333-26 à L2333-47 du Code général des collectivités territoriales (CGCT). La commune ou l'intercommunalité la vote par délibération avant le 1er juillet pour une application au 1er janvier suivant, et son produit finance les dépenses liées au tourisme.

Il existe deux régimes, choisis par la collectivité pour chaque catégorie d'hébergement. Le régime détermine qui doit la taxe et comment elle se calcule :

Au réel (le cas Airbnb)

C'est le voyageur qui paie, par personne et par nuitée. Vous (ou la plateforme) ne faites que collecter et reverser. Le montant doit apparaître distinctement sur la facture et n'entre pas dans votre base de TVA. C'est le régime qui s'applique à la quasi-totalité des locations Airbnb.

Au forfait

C'est l'hébergeur qui doit la taxe, calculée sur la capacité d'accueil multipliée par le nombre de nuitées de la période d'ouverture, avec un abattement de 10 à 80 %. Vous pouvez la répercuter dans vos prix. Attention : les plateformes ne collectent pas la taxe forfaitaire pour vous, et elle entre dans votre base de TVA.

Qui paie, qui est exonéré ?

Au régime réel, la taxe est due par les personnes qui séjournent dans l'hébergement sans être domiciliées dans la commune (article L2333-29 du CGCT). La loi prévoit quatre cas d'exonération, listés à l'article L2333-31 :

Les exonérations légales (régime au réel)

  • Les personnes mineures : tous les voyageurs de moins de 18 ans sont exonérés, partout en France.
  • Les titulaires d'un contrat de travail saisonnier employés dans la commune.
  • Les personnes bénéficiant d'un hébergement d'urgence ou d'un relogement temporaire.
  • Les personnes qui occupent des locaux dont le loyer est inférieur à un montant fixé par le conseil municipal (uniquement si la commune a voté un tel seuil).

Ces exonérations ne valent que pour le régime au réel. Cas particulier : le locataire en bail mobilité peut attester être domicilié dans la commune, il n'est donc pas assujetti du tout.

Le barème 2026 des tarifs plancher et plafond

Chaque commune fixe ses tarifs par catégorie, à l'intérieur d'une fourchette légale revalorisée chaque 1er janvier selon l'inflation (+1,8 % pour 2026, indice IPC 2024). Voici les fourchettes 2026 publiées par la DGCL (par personne et par nuitée) :

Catégorie d'hébergementPlancherPlafond 2026
Palaces0,70 €4,90 €
Hôtels, résidences, meublés de tourisme 5★0,70 €3,60 €
Hôtels, résidences, meublés de tourisme 4★0,70 €2,60 €
Hôtels, résidences, meublés de tourisme 3★0,50 €1,70 €
Hôtels, résidences, meublés 2★, villages vacances 4-5★0,30 €1,00 €
Hôtels, meublés 1★, chambres d'hôtes, auberges collectives0,20 €0,80 €
Campings 3-5★ (par tranche de 24 h)0,20 €0,60 €
Campings 1-2★, ports de plaisance (tarif unique)0,20 €0,20 €

Meublé non classé : le calcul en pourcentage

Si votre logement n'est pas classé (le cas de la majorité des annonces Airbnb), le tarif est proportionnel : entre 1 % et 5 % du coût hors taxes de la nuitée par personne, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité (article L2333-30 du CGCT). À Paris, ce plafond atteint 15,93 € en 2026, toutes taxes additionnelles comprises. Les frais annexes facturés à part (ménage, linge, petit-déjeuner) sont exclus de la base quand ils sont identifiables et détachables, selon la doctrine de la DGFiP. Les plateformes n'appliquent pas toutes la même base : vérifiez la vôtre.

Exemple officiel (guide DGFiP) : nuitée à 150 €, 4 occupants dont 2 enfants mineurs, taux communal de 5 %. Coût par personne : 150 € ÷ 4 = 37,50 €. Taxe : 5 % de 37,50 € = 1,88 € par nuit et par personne assujettie. Seuls les 2 adultes paient : 3,76 € par nuit pour la famille. On divise toujours par le nombre total d'occupants, exonérés compris, mais on ne facture qu'aux assujettis.

À noter : faire classer son meublé (1 à 5 étoiles) remplace le pourcentage par un tarif fixe, souvent bien plus bas pour les logements chers. Si vous êtes classé, mettez à jour votre statut dans l'onglet Réglementation de votre annonce Airbnb, sinon la plateforme applique le tarif non classé.

Les taxes additionnelles qui s'empilent

Le tarif communal n'est souvent pas le montant final : plusieurs taxes additionnelles s'ajoutent selon votre département et votre région.

La taxe additionnelle départementale : +10 %

Une soixantaine de départements appliquent une taxe additionnelle de 10 % (article L3333-1 du CGCT), calculée sur le montant communal. Pour les meublés non classés, elle s'applique après le pourcentage et le plafonnement.

Île-de-France : +15 % et +200 %

Deux taxes régionales s'y cumulent : +15 % pour la Société des grands projets (depuis 2019, art. L2531-17) et +200 % pour Île-de-France Mobilités (depuis le 1er janvier 2024, art. L2531-18). Avec la départementale de 10 %, le montant final est multiplié par 3,25. À Paris en 2026 : 15,93 € par nuit en palace, 11,70 € en 5★, 5,53 € en 3★, et jusqu'à 15,93 € pour un non classé.

La taxe additionnelle régionale de 34 % (grandes lignes ferroviaires)

Elle s'applique dans les Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Var (depuis 2023), dans 11 départements du Sud-Ouest autour du projet GPSO comme la Gironde, les Landes ou la Haute-Garonne (depuis 2024), et dans l'Aude, l'Hérault et les Pyrénées-Orientales (depuis 2024). Articles L4332-4 à L4332-6 du CGCT.

Deux idées reçues à évacuer : la taxe GEMAPI n'a rien à voir avec la taxe de séjour (elle s'ajoute aux taxes foncières), et la surtaxe bretonne de 200 % dont la presse a parlé fin 2025 a été rejetée par l'Assemblée nationale : aucune taxe additionnelle bretonne n'existe en 2026.

Qui collecte et qui reverse ?

Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes qui servent d'intermédiaire de paiement (Airbnb, Booking...) ont l'obligation légale de collecter la taxe au réel pour les hôtes non professionnels et de la reverser à la commune, au plus tard le 30 juin et le 31 décembre (article L2333-34 du CGCT). Airbnb collecte ainsi automatiquement dans plus de 29 000 communes, taxes additionnelles comprises.

Cette collecte automatique ne couvre que les réservations passées par la plateforme. Elle ne vous dispense ni de collecter sur vos réservations en direct, ni des obligations déclaratives fixées par votre commune.

Réservation via une plateforme

Le voyageur paie la taxe dans le prix, la plateforme la reverse directement à la commune. Vous n'avez rien à collecter, mais vérifiez que votre statut de classement est correct dans l'annonce et conservez vos relevés : les communes peuvent demander un état déclaratif (dates, nombre de personnes, montant collecté, numéro d'enregistrement).

Réservation en direct

C'est vous qui collectez : la taxe est due avant le départ du voyageur, doit figurer sur la facture, distinctement de vos prestations, et les tarifs doivent être affichés dans le logement. Vous la reversez ensuite à la commune aux dates fixées par sa délibération (souvent une à deux fois par an).

Sanctions : ce que vous risquez

Le maire peut engager une procédure de taxation d'office après une mise en demeure restée sans réponse 30 jours (article L2333-38 du CGCT), et des amendes sont prévues par l'article L2333-34-1 :

ManquementAmende
Déclaration absente ou tardive750 € - 12 500 €
Omission ou inexactitude dans une déclaration150 € / omission (max 12 500 €)
Défaut de collecte de la taxe au réel750 € - 2 500 €
Défaut de reversement (ou reversement tardif)750 € - 2 500 €

S'y ajoute un intérêt de retard de 0,20 % par mois sur les sommes dues. Les amendes sont prononcées par le tribunal et leur produit revient à la commune.

Trouver le tarif de votre commune

Trois sources fiables : le moteur officiel de la DGFiP (taxesejour.impots.gouv.fr, accessible depuis la fiche service-public dédiée), les données ouvertes DELTA publiées chaque automne sur data.gouv.fr (les communes y déclarent leurs tarifs avant le 15 septembre), et tout simplement votre mairie ou office de tourisme. Les tarifs doivent par ailleurs être affichés chez l'hébergeur.

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FAQ : la taxe de séjour en location saisonnière

Qui doit payer la taxe de séjour dans une location Airbnb ?

Le voyageur, dès lors qu'il est majeur et n'est pas domicilié dans la commune. L'hôte (ou la plateforme) ne fait que collecter et reverser. Au régime forfaitaire, plus rare, c'est l'hébergeur qui la doit directement.

Les enfants paient-ils la taxe de séjour ?

Non. Tous les mineurs sont exonérés (article L2333-31 du CGCT). Attention au calcul pour les non classés : on divise quand même le prix de la nuitée par le nombre total d'occupants, enfants compris, avant de facturer la taxe aux seuls adultes.

Comment calculer la taxe de séjour d'un meublé non classé en 2026 ?

Entre 1 % et 5 % (selon la commune) du coût hors taxes de la nuitée par personne, plafonné au tarif le plus élevé adopté par la collectivité. Exemple à 5 % : nuitée 150 € pour 4 personnes, soit 37,50 € par personne, donc 1,88 € par adulte et par nuit. Ajoutez ensuite les taxes additionnelles locales.

Airbnb ou Booking collectent-ils la taxe de séjour à ma place ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2019, les plateformes intermédiaires de paiement collectent obligatoirement la taxe au réel pour les hôtes non professionnels et la reversent aux communes (plus de 29 000 communes couvertes par Airbnb, taxes additionnelles comprises). Pensez à renseigner votre classement dans l'annonce pour que le bon tarif s'applique.

Que dois-je faire pour mes réservations en direct ?

Collecter vous-même la taxe avant le départ, la faire figurer distinctement sur la facture, afficher les tarifs dans le logement, puis la reverser à la commune aux dates fixées par la délibération. Le plus simple est d'indiquer le montant dès le devis et dans votre livret d'accueil.

La taxe de séjour s'applique-t-elle aux frais de ménage ?

Pour un meublé non classé, la base de calcul est le prix de l'hébergement hors taxes. Selon la doctrine DGFiP, les frais annexes identifiables et détachables (ménage, linge, petit-déjeuner) en sont exclus. Si tout est facturé en bloc sans détail, le pourcentage s'applique au montant global. Les plateformes ne documentent pas toutes leur base exacte.

Quels risques si je ne reverse pas la taxe de séjour ?

Des amendes de 750 € à 2 500 € pour défaut de collecte ou de reversement, jusqu'à 12 500 € pour une déclaration absente ou inexacte, un intérêt de retard de 0,20 % par mois, et une procédure de taxation d'office par le maire après mise en demeure.

Où trouver le tarif de la taxe de séjour de ma commune ?

Sur le moteur officiel de la DGFiP (taxesejour.impots.gouv.fr), dans les données ouvertes DELTA sur data.gouv.fr, ou auprès de votre mairie. Pour une estimation immédiate, utilisez notre calculateur de taxe de séjour.

Pour aller plus loin

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