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Statut juridique conciergerie : micro ou SAS ?

19 min à lire
Statut juridique conciergerie : micro ou SAS ?

Choisir le bon statut juridique est l'une des premières décisions stratégiques quand on crée une conciergerie de location courte durée. Ce choix impacte directement votre fiscalité, votre protection sociale, votre crédibilité vis-à-vis des propriétaires et votre capacité à croître. Et contrairement à ce qu'on lit souvent, il n'y a pas de statut universellement meilleur — tout dépend de votre situation personnelle, de votre ambition et de votre horizon temporel.

Dans cet article, nous comparons les trois statuts les plus utilisés par les concierges en France : la micro-entreprise, la SARL/EURL et la SAS/SASU. Avec des chiffres concrets, un tableau comparatif et une méthode de décision claire.

La micro-entreprise : simple, rapide… mais limitée

Les avantages

La micro-entreprise (ex auto-entreprise) reste le statut privilégié pour démarrer. Et pour cause :

  • Création en 15 minutes sur le guichet unique de l'INPI, sans capital social, sans statuts, sans comptable.
  • Comptabilité ultra-simplifiée : un livre de recettes suffit. Pas de bilan, pas de liasse fiscale.
  • Charges sociales prévisibles : 21,1 % du chiffre d'affaires pour les prestations de services (BIC). Vous ne payez que si vous encaissez.
  • Option versement libératoire : si votre revenu fiscal de référence le permet, vous pouvez payer 1,7 % d'impôt sur le revenu en plus des charges sociales, soit un total de 22,8 %.
  • Franchise de TVA : en dessous de 36 800 € de CA annuel, vous ne facturez pas la TVA. C'est un avantage si vos clients sont des particuliers.

Les limites

  • Plafond de CA : 77 700 €/an pour les prestations de services. Au-delà, vous basculez automatiquement vers un régime réel.
  • Aucune déduction de charges : vos frais réels (essence, logiciels, sous-traitance ménage) ne sont pas déductibles. Vous payez des charges sur le CA brut, pas sur le bénéfice.
  • Pas de séparation patrimoine perso/pro : en cas de dette, vos biens personnels peuvent être saisis (sauf résidence principale).
  • Image moins professionnelle : certains propriétaires haut de gamme ou investisseurs institutionnels préfèrent travailler avec une société.
  • Impossible de s'associer : la micro-entreprise est un statut individuel par définition.

Idéal pour

Les concierges qui démarrent seuls, avec moins de 10 biens et un CA inférieur à 60 000 € annuels. C'est le meilleur statut pour tester votre concept sans risque financier.

La SARL / EURL : la protection du patrimoine

Les avantages

  • Responsabilité limitée aux apports : votre patrimoine personnel est protégé. En cas de faillite, vous ne perdez que le capital investi dans la société.
  • Déduction des charges réelles : toutes vos dépenses professionnelles (véhicule, logiciels, sous-traitance, téléphone, assurance…) réduisent votre base imposable.
  • Rémunération modulable : vous choisissez combien vous vous versez en rémunération et combien reste en trésorerie dans la société.
  • Statut TNS (Travailleur Non Salarié) : les charges sociales du gérant majoritaire tournent autour de 45 % de la rémunération nette. C'est élevé, mais les cotisations retraite et maladie sont incluses.
  • Possibilité de s'associer : en SARL, vous pouvez avoir jusqu'à 100 associés.

Les inconvénients

  • Formalisme plus lourd : rédaction de statuts, dépôt au greffe, publication d'une annonce légale (~200 €), tenue d'une comptabilité complète.
  • Coût de création : comptez 500 à 1 500 € si vous passez par un expert-comptable ou un service juridique en ligne.
  • Comptable obligatoire en pratique : budget annuel de 1 200 à 3 000 € pour un expert-comptable.
  • Rigidité statutaire : modifier les statuts (changement d'objet social, entrée d'un associé) nécessite une assemblée générale et des formalités au greffe.

Idéal pour

Les concierges qui gèrent 10 à 30 biens, qui ont des charges significatives à déduire, et qui veulent protéger leur patrimoine personnel tout en gardant un niveau de charges sociales raisonnable.

La SAS / SASU : la flexibilité maximale

Les avantages

  • Grande liberté statutaire : les statuts de la SAS sont très librement rédigés. Vous pouvez prévoir des clauses sur mesure pour l'entrée/sortie d'associés, la gouvernance, etc.
  • Statut assimilé salarié : le président de SAS est affilié au régime général de la Sécurité sociale. Meilleure couverture maladie et retraite qu'un TNS.
  • Dividendes avantageux : contrairement à la SARL où les dividendes du gérant majoritaire sont soumis aux charges sociales (au-delà de 10 % du capital), les dividendes de SAS ne supportent que la flat tax à 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux).
  • Image professionnelle forte : la SAS est le statut préféré des startups et des entreprises en croissance. Elle rassure les partenaires et investisseurs.
  • Facilité pour lever des fonds : si vous envisagez de faire entrer des investisseurs, la SAS est le véhicule idéal.

Les inconvénients

  • Charges sociales élevées sur la rémunération : environ 65 % de charges patronales + salariales sur le salaire brut du président. Pour vous verser 2 000 € net, il faut débourser environ 3 300 € en coût total.
  • Pas de rémunération = pas de protection sociale : contrairement au TNS qui cotise même avec une faible rémunération, le président de SAS qui ne se verse rien n'a aucune couverture.
  • Coût de création et de gestion identique à la SARL : mêmes formalités, même besoin d'un expert-comptable.

Idéal pour

Les conciergeries ambitieuses (30+ biens), celles qui prévoient de s'associer ou de lever des fonds, et les dirigeants qui préfèrent une stratégie de rémunération mixte (petit salaire + dividendes).

Comparatif financier des statuts juridiques

Tableau comparatif

Critère Micro-entreprise SARL / EURL SAS / SASU
Plafond CA 77 700 € Illimité Illimité
Charges sociales 21,1 % du CA ~45 % de la rémunération ~65 % du salaire brut
Déduction des charges Non Oui Oui
Protection patrimoine Non Oui Oui
Capital minimum 0 € 1 € 1 €
Comptable nécessaire Non Oui Oui
Associés possibles Non Oui (2-100) Oui (illimité)
Dividendes (flat tax) N/A Partiel * Oui (30 %)

* En SARL, les dividendes du gérant majoritaire dépassant 10 % du capital social sont soumis aux charges sociales TNS (~45 %).

Quand passer de micro-entreprise à société ?

Le basculement devient pertinent quand au moins deux de ces conditions sont réunies :

  • Votre CA dépasse 50 000 €/an : à ce niveau, vos charges réelles (non déductibles en micro) pèsent lourd. Le régime réel en société devient souvent plus avantageux.
  • Vos charges représentent plus de 30 % du CA : si vous dépensez 20 000 € en sous-traitance ménage, logiciels et déplacements, vous payez des charges sociales dessus en micro alors qu'elles seraient déduites en société.
  • Vous souhaitez vous associer : impossible en micro-entreprise.
  • Vous avez besoin de crédibilité institutionnelle : pour signer avec des agences immobilières, des résidences de tourisme ou des investisseurs.
  • Vous voulez protéger votre patrimoine personnel : dès que le risque financier augmente.

Un exemple chiffré

Prenons un concierge avec 60 000 € de CA et 18 000 € de charges réelles annuelles :

  • En micro-entreprise : charges sociales = 60 000 × 21,1 % = 12 660 €. Revenu avant IR = 60 000 - 12 660 = 47 340 €. Mais les 18 000 € de frais ne sont pas déduits.
  • En EURL (IS) : bénéfice imposable = 60 000 - 18 000 - rémunération du gérant. Si vous vous versez 24 000 € (charges sociales incluses ~10 800 €), le bénéfice société = 60 000 - 18 000 - 24 000 = 18 000 €, imposé à 15 % (IS PME) = 2 700 €. Les 15 300 € restants peuvent être versés en dividendes ou réinvestis.

Dans ce scénario, le passage en société fait économiser plusieurs milliers d'euros par an.

Notre recommandation

Pour 90 % des créateurs de conciergerie, la trajectoire idéale est :

  1. Phase 1 (0-12 mois) : micro-entreprise. Testez votre concept, trouvez vos premiers propriétaires, affinez vos processus.
  2. Phase 2 (12-24 mois) : dès que vous approchez 50 000 € de CA ou que vos charges dépassent 25 % du CA, passez en EURL ou SASU.
  3. Phase 3 (24+ mois) : si vous vous associez ou visez une croissance forte, la SAS offre la meilleure flexibilité.

Notre chapitre 2 de la formation détaille chaque scénario avec des simulateurs de charges. Testez également notre quiz conciergerie pour évaluer votre profil et obtenir une recommandation personnalisée.

📚 Pour aller plus loin : Découvrez notre notre formation sur le choix du bon statut juridique pour créer et développer votre conciergerie.

Questions fréquentes

Quel statut choisir pour lancer sa conciergerie ?

Pour démarrer, la micro-entreprise est le choix le plus simple : création rapide, comptabilité allégée et charges sociales proportionnelles au chiffre d'affaires (22%). Si vous prévoyez un CA supérieur à 77 700€/an ou souhaitez vous associer, la SAS ou SARL sera plus adaptée.

Peut-on passer de micro-entreprise à SAS facilement ?

Oui, c'est une transition courante. Vous pouvez fermer votre micro-entreprise et créer une SAS, ou transformer votre activité via un apport de fonds de commerce. Il est recommandé de faire cette transition quand votre CA approche le plafond de 77 700€ ou quand vous avez besoin de déduire des charges importantes.

La carte G est-elle obligatoire pour une conciergerie ?

La carte G (carte professionnelle de gestion immobilière) est obligatoire si vous gérez des biens pour le compte de tiers avec mandat de gestion. En revanche, pour de la simple conciergerie (ménage, check-in, linge), elle n'est pas requise. La distinction dépend de la nature exacte des prestations proposées.

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